Changement climatique, paix et sécurité Faire face aux risques
Objectif 16 : Promouvoir l'avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous aux fins du développement durable, assurer l'accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.
Objectif 3 : aspirer à une "Afrique de la bonne gouvernance, de la démocratie, du respect des droits de l'homme, de la justice et de l'État de droit".
Objectif 4 : aspirer à une "Afrique pacifique et sûre".
Vision : L'Agenda 2063 de l'Union africaine indique clairement que les communautés et les économies résilientes au changement climatique font partie intégrante de la vision continentale d'une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale. But :Fournir un cadre continental pour une action collective et une coopération renforcée dans le traitement des questions liées au changement climatique, afin d'améliorer les moyens de subsistance et le bien-être, de promouvoir la capacité d'adaptation et de parvenir à une croissance économique durable et à faible émission de gaz à effet de serre. Objectifs généraux : Renforcer la résilience des communautés, des écosystèmes et des économies africaines, et soutenir l'adaptation régionale. Réponse de l'UA : Les décisions du CPS de l'UA et des chefs d'État et de gouvernement ont conduit à la réalisation de l'étude d'évaluation des risques liés à la sécurité climatique et au rapport du président de la CUA sur l'étude du lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité.
Selon le rapport, le changement climatique est un "multiplicateur de menaces auquel nous devons collectivement faire face. ... Nous restons déterminés à contribuer à la position africaine commune sur le changement climatique, la paix et la sécurité en étroite collaboration avec les acteurs concernés " Amb.
A propos de
Les risques sécuritaires liés au climat augmentent sur le continent africain, notamment en ce qui concerne la concurrence pour les ressources naturelles, l'accès à la nourriture, à l'eau et à l'énergie, les migrations et les déplacements, ainsi que les groupes armés. Le changement climatique exacerbe les risques et les menaces existants en matière de sécurité par le biais de facteurs de stress qui ont un impact négatif sur la paix et la sécurité en Afrique. Les sécheresses, les inondations, les tempêtes et l'élévation du niveau de la mer provoquent des catastrophes, des migrations et des déplacements forcés qui entraînent des crises humanitaires et des conflits. En conséquence, l'insécurité alimentaire, hydrique et énergétique s'est intensifiée sur le continent, avec une concurrence accrue pour les ressources naturelles, la perte des moyens de subsistance, les conflits transfrontaliers et la criminalité transnationale organisée. Dans le même temps, l'insécurité et les conflits accentuent la dégradation de l'environnement et entravent les efforts d'adaptation au changement climatique et d'atténuation de ses effets.
- Le changement climatique est un problème de développement urgent dans le monde entier.
- Le GIEC a conclu que la température mondiale s'est réchauffée de 1,1oC depuis 1990.
- Le réchauffement historique est en passe d'atteindre ou de dépasser 1,5oC à moins d'une réduction importante des émissions mondiales.
- L'Accord de Paris décrit les outils politiques généraux pour encadrer les efforts collectifs visant à maintenir la température mondiale bien en deçà de 2oC.
- L'Afrique représente environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- L'Afrique est la plus touchée par le changement climatique en raison d'un manque de capacité d'adaptation, d'une grande vulnérabilité et de l'instabilité.
- Climat Le changement climatique est désormais largement reconnu comme un problème de sécurité mondiale, avec une attention particulière pour l'Afrique.
- L'effet multiplicateur de la menace dans les régions touchées par les conflits, les "États fragiles".
- La sécurité climatique s'aligne sur les préoccupations de sécurité mondiale et l'intégration des questions climatiques dans la sécurité et la défense existantes.
- Le changement climatique est à la fois un catalyseur et une occasion de repenser la sécurité.
- Intégrer l'adaptation au changement climatique et son financement dans un "continuum de paix" couvrant la prévention, la consolidation de la paix et le développement.
Elle se reflète également dans les progrès des initiatives continentales et régionales telles que l'initiative africaine pour les énergies renouvelables, l'initiative pour une transition énergétique juste et abordable en Afrique, l'initiative africaine pour l'adaptation, l'initiative pour l'adaptation de l'agriculture africaine et les priorités des femmes africaines en matière d'adaptation au climat. Parmi les autres initiatives pertinentes, citons également l'Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique, la Grande Muraille verte, ainsi que les commissions sur le climat du bassin du Congo, du Sahel et des États insulaires africains. La diversité et l'ampleur des effets négatifs actuels et prévus du changement climatique en Afrique, ainsi que les défis sécuritaires concomitants, soulignent la nécessité d'intégrer le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité en Afrique. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine a souligné l'importance de cet effort d'intégration en 2016. En 2018, le CPS a de nouveau souligné l'importance pour la Commission de l'UA d'intégrer le changement climatique dans toutes ses activités, en particulier dans l'alerte précoce et la prévention des conflits violents liés au changement climatique. En outre, une étude a été demandée sur le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité sur le continent, soulignant, entre autres, que l'étude envisagée devrait accorder une attention particulière à la situation critique des États membres insulaires. Cette question continue d'intéresser le Conseil de paix et de sécurité, comme il l'a réitéré en avril 2022. En outre, en février 2022, l'Assemblée, lors de sa 35e session ordinaire, a demandé à la Commission d'"accélérer la finalisation d'une étude d'évaluation des risques de sécurité liés au climat, en consultation avec les États membres". La Déclaration de Tanger d'octobre 2022 a également souligné la nécessité pour l'UA, l'ONU et leurs partenaires stratégiques de soutenir "les initiatives et stratégies africaines afin d'éradiquer l'impact négatif du changement climatique sur la paix et la sécurité en Afrique". La déclaration de Nairobi de juillet 2023 sur le changement climatique, la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique a également reconnu que "les impacts négatifs toujours croissants du changement climatique ont des conséquences délétères sur la durabilité de la paix, de la sécurité et de la stabilité à travers le continent africain, en particulier sur les communautés fragiles". Les efforts de collaboration entre les départements de l'UA chargés des affaires politiques, de la paix et de la sécurité (PAPS) et de l'agriculture, du développement rural, de l'économie bleue et de l'environnement durable (ARBE) ont abouti à une évaluation complète des risques liés à la sécurité climatique en Afrique (ACRA). Cette étude a contribué à l'élaboration du rapport du président de la Commission de l'UA sur les liens entre le climat, la paix et la sécurité, dont les avant-projets ont été présentés au CPS en novembre 2023 et à la COP28. Ces deux documents, ainsi que les consultations transcontinentales prévues, contribueront à l'élaboration de la position africaine commune sur le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité. Sur la base des conclusions de l'atelier méthodologique sur la position africaine commune qui s'est tenu à Addis-Abeba (9-11 mai 2024), tous les États membres de la CUA, les CER/MR et les commissions africaines sur le climat ont été consultés. Cette consultation a permis de valider, grâce à des données empiriques et à l'expérience des États membres, les principaux risques liés au changement climatique, à la paix et à la sécurité, tels qu'ils ressortent de l'évaluation des risques liés à la sécurité climatique en Afrique. Cette approche collaborative a permis l'élaboration d'un document informé et pris en charge par l'ensemble de l'Afrique, la position africaine commune sur les liens entre le climat, la paix et la sécurité. Les consultations ont permis de présenter une version préliminaire de la position africaine commune, qui intègre ces voies de risque, afin de recueillir d'autres avis et de s'assurer que le document final reflète les diverses réalités du continent.
Les effets du climat s'ajoutent à d'autres pressions et modifient l'accès aux ressources naturelles et leur disponibilité. Les effets du changement climatique sur les ressources naturelles telles que la terre, l'eau et les forêts sont multiples sur le continent africain. Lorsque des armes légères sont facilement disponibles, qu'il existe des conflits historiques ou des clivages sociaux et ethniques, que des groupes sont marginalisés et que les institutions chargées de la gestion des ressources naturelles et des conflits sont remises en question, cette concurrence peut se transformer en conflit violent. L'insécurité alimentaire, hydrique et énergétique, exacerbée par le changement climatique, peut être à l'origine d'un certain nombre de problèmes liés à la sécurité, en particulier pour les groupes de population déjà vulnérables. Par exemple, l'interruption de la fourniture de nourriture, d'eau et d'énergie ou l'augmentation rapide de leurs prix peuvent alimenter des griefs préexistants et déclencher l'instabilité politique. Les effets du climat accélèrent plusieurs tendances en matière de mobilité. La migration à l'intérieur des pays, en particulier des zones rurales vers les villes, est de loin la plus importante tendance migratoire affectée par les risques climatiques. En mettant les moyens de subsistance des populations rurales sous pression, les effets du climat accélèrent l'exode rural. Le changement climatique accroît également la fréquence et la gravité des catastrophes d'origine météorologique et, partant, les risques de déplacement. Dans le même temps, les conflits sont également un facteur important de déplacement et le déplacement va souvent de pair avec plusieurs risques, en particulier lorsqu'il s'agit de la vulnérabilité de certains groupes (femmes, jeunes, personnes vivant avec un handicap, personnes âgées). Les risques sécuritaires liés au climat constituent un terreau fertile pour les groupes armés non étatiques tels que les milices, les groupes terroristes et criminels en Afrique, car ils augmentent la pression sur les institutions étatiques. Les groupes armés non étatiques profitent souvent des lacunes en matière de gouvernance pour saper davantage les institutions étatiques et renforcer leur propre légitimité et leur force en fournissant de l'argent et de l'aide humanitaire à la suite des sécheresses, des mécanismes de résolution des conflits et un accès à la justice pour les litiges concernant les ressources naturelles, voire en construisant leurs propres écoles et en offrant des possibilités d'éducation à la population locale. Par exemple, les effets du climat tels que les sécheresses peuvent inciter à recruter pour la pêche illégale, les activités de trafic et la piraterie. En outre, les groupes armés aggravent souvent les problèmes environnementaux : l'extraction illégale de ressources et les crimes contre l'environnement tels que le braconnage, l'exploitation forestière et minière illégale sont souvent une source importante de revenus pour ces groupes. La façon dont les risques sécuritaires liés au climat se manifestent sur le continent africain est fortement dépendante et influencée par plusieurs risques et pressions externes. De nombreux pays africains sont très dépendants des importations de denrées alimentaires et donc des politiques des pays producteurs de denrées alimentaires et des marchés mondiaux. Les chocs sur les prix des denrées alimentaires affectent fortement la sécurité et l'approvisionnement alimentaires locaux qui, lorsqu'ils sont perturbés, peuvent accroître les griefs et l'instabilité politique. Les chocs des prix de l'énergie ont également eu un impact négatif sur de nombreux gouvernements africains qui n'ont pas eu la marge de manœuvre fiscale nécessaire pour mettre en place des mesures à grande échelle pour contrer la hausse des prix de l'énergie. En outre, l'émergence prévue de tarifs frontaliers liés au climat, conçus par certains partenaires commerciaux de l'Afrique, pourrait avoir des effets profondément négatifs sur les économies et les moyens de subsistance des Africains. En effet, l'Afrique détient une part importante des réserves minérales mondiales. Ces minerais sont essentiels à la transition verte et comprennent le cobalt, le manganèse et le lithium. En effet, l'Afrique doit éviter de reproduire l'exportation d'autres matières premières du continent sans y laisser beaucoup de valeur ajoutée et, au contraire, maximiser les avantages de ses riches réserves minérales pour sa population.
Bien qu'il y ait eu des améliorations significatives en termes de capacités d'évaluation et de traitement des risques sécuritaires liés au climat, il y a encore des lacunes importantes : Les capacités de recherche africaines sont toujours à la traîne. De 1990 à 2019, la recherche sur le climat en Afrique a reçu moins de 5 % du financement mondial et plus des trois quarts de ce financement sont allés à des institutions de l'UE et de l'Amérique du Nord et moins de 15 % à des institutions africaines. Cette tendance se reflète également dans la recherche sur les risques sécuritaires liés au climat, la plupart des capacités pour mener ce type de recherche étant concentrées en dehors du continent africain. S'il existe des stratégies régionales traitant des risques de sécurité liés au climat, il n'y a souvent pas de stratégies similaires au niveau national, ce qui crée des lacunes dans la mise en œuvre. Un obstacle important à la mise en œuvre des stratégies de sécurité climatique est le manque de clarté concernant l'appropriation et la coordination de ces sujets à différents niveaux. Certaines organisations régionales telles que l'IGAD et la CEDEAO disposent de structures et de mécanismes spécifiques, tandis que d'autres n'ont pas encore mis en place de telles dispositions institutionnelles. Cette situation se reflète largement au niveau national, où les responsabilités sont réparties entre différents secteurs et ministères. Cette fragmentation empêche l'élaboration et la mise en œuvre de politiques cohérentes et efficaces en matière de sécurité climatique. Souvent, les gouvernements ne disposent pas non plus de mécanismes de coordination et de collaboration efficaces entre les parties prenantes nationales et locales pour garantir l'intégration des risques de sécurité liés au climat. Le déficit de financement de l'action climatique, de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits reste énorme. Le dernier rapport du GIEC indique que les flux annuels de financement de la lutte contre le changement climatique vers le continent africain sont inférieurs de plusieurs milliards aux estimations les plus basses des coûts d'adaptation. De plus, les engagements existants ne sont pas suffisamment dispersés : entre 2014 et 2018, moins de la moitié des engagements ont été décaissés. Et plus de la moitié de tous les investissements liés au climat sont concentrés dans seulement 10 pays africains. Le flux actuel de fonds pour l'adaptation en Afrique est insuffisant et représente des milliards de dollars de moins que le coût minimum estimé. Pour atteindre les objectifs fixés en matière d'adaptation dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) en Afrique, il faudrait un financement supplémentaire de 41,3 milliards de dollars par an. La Banque africaine de développement a déclaré que l'Afrique aura besoin de 2 700 milliards de dollars d'ici 2030 pour répondre à ses besoins en matière de changement climatique. Les financements existants ne vont pas aux contextes et aux pays les plus vulnérables aux impacts climatiques et aux risques sécuritaires. Le Fonds vert pour le climat (FVC) reconnaît que le cofinancement des pays les moins avancés (PMA) et des États africains touchés par la fragilité, les conflits et la violence (FCV), qui connaissent des conflits d'intensité moyenne et une grande fragilité institutionnelle et sociale, est comparativement inférieur au cofinancement obtenu dans d'autres États africains. Une analyse de près de 1000 projets, représentant 14,4 milliards de dollars, menée dans 146 pays, dont 56 États fragiles, a révélé que les conflits et la fragilité pouvaient entraver l'accès au financement climatique et sa mise en œuvre. Les projets soutenus par les fonds verticaux dans les États extrêmement fragiles sont beaucoup plus petits que ceux des États fragiles ou non fragiles. De janvier 2014 à juin 2021, seul un État africain extrêmement fragile a eu accès à un financement vertical pour le climat. Une étude similaire sur le financement climatique dans les États fragiles et en situation de conflit a révélé qu'en 2020, moins d'un tiers de tous les projets financés par le FEM étaient mis en œuvre dans des contextes de conflit. En outre, certains projets dans des pays africains touchés par des conflits ont été annulés, abandonnés ou ont connu des retards plus importants en raison de problèmes de sécurité.
L'
Afrique est à la pointe des innovations institutionnelles et de la coopération intersectorielle pour faire face auxrisques sécuritaires liés au climat Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la création d'institutions spécialisées et de mécanismes de coopération intersectorielle pour faire face aux risques sécuritaires liés au climat. Au niveau mondial, l'Afrique est un leader en matière d'innovation dans ce domaine. Les organisations régionales africaines et l'Union africaine, le système des Nations unies, les agences gouvernementales et les organisations de la société civile déploient actuellement d'importants efforts de collaboration pour faire face à l'impact du changement climatique sur la paix et la sécurité dans leur région. Différentes organisations ont également commencé à créer des postes et des capacités dédiés à la sécurité climatique : le groupe de travail régional des Nations unies sur le changement climatique, l'environnement, la sécurité et le développement (UN-CCESD), la mission d'assistance des Nations unies en Somalie (UNSOM), la mission des Nations unies au Sud-Soudan (UNMISS) et le bureau de l'envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique ont leurs propres conseillers dédiés à l'environnement et à la sécurité climatique. L'initiative "Climate Responses for Sustaining Peace" lancée par la présidence égyptienne de la COP27 est un effort continental visant à faciliter le partage des connaissances et le renforcement des capacités en Afrique, en mettant l'accent sur l'adaptation au climat et la consolidation de la paix. La stratégie du Groupe de la Banque africaine de développement pour lutter contre la fragilité et renforcer la résilience 2022-2026 se concentre sur le renforcement de la résilience à diverses vulnérabilités, y compris le changement climatique, et vise à s'attaquer aux causes profondes des conflits et de la fragilité et met l'accent sur l'investissement dans la prévention des crises dans différents pays fragiles. Une autre initiative intéressante est l'Initiative pour la mobilité climatique en Afrique (ACMI), une collaboration entre la Commission de l'Union africaine, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et la Banque mondiale, créée en 2021 pour générer une dynamique politique et un agenda politique commun sur la mobilité climatique en Afrique, et pour soutenir la capacité de mise en œuvre et les partenariats sur le continent. En outre, la demande formulée lors de la 1163e réunion du CPS tenue au niveau ministériel le 21 juillet 2023 au Bureau de l'Envoyé spécial de l'UA pour les femmes, la paix et la sécurité d'intégrer les questions relatives aux femmes dans le développement et le changement climatique dans ses futurs forums, en tenant compte des résultats de la réunion sur "les défis primordiaux du changement climatique et l'agenda des femmes" organisée le 16 février 2023 en marge du 36e Sommet de l'Union africaine, est un autre développement positif. Enfin, le CGIAR, un consortium d'organisations internationales de recherche, a commencé à créer des initiatives dédiées à la sécurité climatique sur l'ensemble du continent.
Les systèmes d'alerte et d'action précoces s'améliorent, mais il reste des défis majeurs à relever pour intégrer le changement climatique, la paix et la sécurité NexusL'analyse des alertes précoces pour éclairer la planification et l'action est une composante majeure de la lutte contre les risques sécuritaires liés au climat. Elles sont également au cœur des stratégies de prévention, qu'il s'agisse de se préparer aux risques naturels ou de faire face aux conflits violents ou à d'autres menaces pour la sécurité humaine. La collecte et l'analyse de données désagrégées sur le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité sont importantes pour traiter les vulnérabilités multidimensionnelles, mais malheureusement, de grandes parties du continent africain souffrent de graves lacunes dans les infrastructures et les services hydrométéorologiques, ainsi que dans les capacités de surveillance multirisque. Moins de la moitié des pays africains disposent de systèmes d'alerte précoce et d'action rapide (EWEA), ce qui s'explique en grande partie par le manque d'accès à des données fiables et de disponibilité de celles-ci. Les systèmes existants souffrent souvent de problèmes de qualité. Malgré ces difficultés, plusieurs organisations et gouvernements africains ont entrepris de développer des systèmes d'alerte précoce et d'action rapide qui intègrent à la fois les risques climatiques et sécuritaires sur l'ensemble du continent. Ces systèmes se concentrent sur le niveau local, national, régional ou continental.
L'UA dispose de deux grands systèmes EWEA qui s'intéressent au lien entre le climat et les conflits. Tout d'abord, le programme AMHEWAS (Africa Multi Hazard Early Warning and Early Action System), qui est intégré au département de l'agriculture, du développement rural, de l'économie bleue et de l'environnement durable (DARBE). Il vise à intégrer quatre éléments de l'alerte précoce, à savoir la connaissance des risques, les services de surveillance et d'alerte, la communication sur les risques et la capacité de réaction. Les résultats de l'AMHEWAS, tels que la veille continentale hebdomadaire, se concentrent presque exclusivement sur la prévision des risques naturels, tels que les précipitations extrêmes, les inondations et les tempêtes, mais sans établir de liens avec les vulnérabilités existantes en matière de paix et de sécurité. Deuxièmement, la Commission des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de l'UA (CUA-APS) dispose du système continental d'alerte précoce (CEWS), qui a été créé en tant qu'outil d'anticipation et de prévention des conflits dans le cadre plus large de l'architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), en se concentrant sur les facteurs de conflit tels que la mauvaise gouvernance, la pauvreté, la criminalité transnationale organisée, l'inégalité et les pratiques et tendances exclusives. Le CEWS n'établit pas de liens entre le changement climatique, les questions environnementales et les tendances en matière de conflit et d'insécurité. Des efforts ont été déployés pour renforcer la collaboration entre ces deux piliers en élaborant, par exemple, des résultats communs axés sur les indicateurs climatiques et environnementaux ainsi que sur les données relatives à la paix et à la sécurité, mais ces initiatives n'ont pas été mises en œuvre. Outre ces systèmes d'alerte précoce de l'UA, il existe d'autres initiatives régionales, notamment le Centre africain d'applications météorologiques pour le développement (ACMAD), le Centre africain de conseil multirisque (AMHAC), établi fin 2022 au Niger, qui vise à renforcer la capacité continentale à produire des rapports réguliers sur les risques et les catastrophes à l'échelle du continent, sur les tendances et les incidences climatiques à l'échelle du continent, ainsi que des avis et des veilles fondés sur les incidences. À l'instar de l'AMHEWAS, son rôle est de soutenir les services météorologiques nationaux et les autres parties prenantes pendant les saisons de danger, mais il n'intègre pas de manière exhaustive les indicateurs non climatiques. Au niveau national, des exemples concrets de pays ayant renforcé leurs systèmes d'alerte précoce et d'action rapide ont montré, par exemple, que la stratégie d'alerte précoce et la relocalisation des communautés confrontées à des catastrophes ont permis d'éviter un nombre important de décès, surtout si l'on compare avec les victimes de catastrophes antérieures ou avec d'autres pays de la région dont les systèmes d'alerte précoce et d'action rapide sont moins développés. Au niveau local, on sait que les systèmes EWEA sont plus efficaces lorsqu'ils sont intégrés dans des réseaux communautaires et informels.
MESSAGES CLÉS SUR LE LIEN ENTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, LA PAIX ET LA SÉCURITÉ
À la suite d'un processus consultatif inclusif en Afrique, 15 messages clés sur le changement climatique, la paix et la sécurité ont été présentés lors de la COP 27 à Sharm El-Sheikh, en Égypte, en novembre 2022.
Réponse de l'UA à la sécurité climatique
- Communiqué de presse du SP (PSC/PR/BR. DCCLXXIV) Mai 2018 : - L'UA-PSC a demandé à la Commission de l'UA de mener l'étude sur le nexus sur "le lien entre le changement climatique et les conflits en Afrique et le traitement des implications en matière de sécurité".
- Communiqué du CPS de la 1051ème réunion, 26 novembre 2021 - "accélérer la finalisation d'une étude d'évaluation des risques sécuritaires liés au climat, en consultation avec les États membres, et définir les différents impacts sécuritaires du changement climatique sur le continent africain, tout en prenant des mesures pour mobiliser une position africaine commune sur le changement climatique et la sécurité".
- Communiqué du COPS de la 1079ème réunion, 21 avril 2022 - "accélérer la finalisation du rapport du Président de la Commission sur l'étude du lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité".
- Décision de la Conférence de l'UA de février 2022 - La Conférence, lors de sa 35e session ordinaire, a demandé à la Commission d'"accélérer la finalisation d'une étude d'évaluation des risques sécuritaires liés au climat, en consultation avec les États membres, ainsi que d'élaborer rapidement la position africaine commune sur le lien entre le climat, la paix et la sécurité...".
- Décision de la Conférence de l'UA de février 2024 - La Conférence, lors de sa 37ème session ordinaire, a demandé à la Commission d'accélérer la finalisation du projet de rapport du Président de la Commission de l'UA sur l'étude des liens entre le changement climatique, la paix et la sécurité et l'élaboration de la position africaine commune , en tenant compte des contributions de tous les États membres de l'UA et des CER/MR, afin d'approfondir la compréhension de ces liens, et de le soumettre au CPS pour examen.
Vers une compréhension commune de la sécurité climatique
- La combinaison de l'optique climatique et de l'optique de paix et de sécurité permet d'obtenir une perspective globale de la sécurité climatique.
- Se concentrer sur les liens directs et indirects (par exemple, les catastrophes humanitaires et les conflits)
- La "sécurité humaine" subit l'impact de ces liens par le biais des voies de la sécurité climatique.
- En effet, le changement climatique est à l'origine de conflits et compromet la sécurité humaine en raison de facteurs tels que la mobilité, les migrations et la concurrence pour des ressources naturelles limitées.
- Élaborer et adopter une position africaine commune sur les liens entre le changement climatique, la paix et la sécurité : Unifier les voix et les actions de l'Afrique pour aborder les interfaces par le biais d'une telle position basée sur les idées du rapport du président et les conseils des États membres.
- Construire et mettre en œuvre un cadre de collaboration sur les interfaces entre le changement climatique, la paix et la sécurité .
- Renforcer la gouvernance de la sécurité climatique aux niveaux national, continental et mondial : Soutien aux négociations sur la sécurité climatique et renforcement des capacités
- Promouvoir un financement de la lutte contre le changement climatique qui tienne compte des conflits : Mettre en place une approche concertée pour combler le déficit de financement de l'adaptation, de l'atténuation et de la gestion des risques.
- Développer les connaissances sur la sécurité climatique et favoriser les partenariats pour avoir un impact sur les communautés.
Analyse des risques régionaux et réponses actuellement mises en œuvre en Afrique
- L'insécurité hydrique croissante : L'Afrique du Nord subit déjà les conséquences de l'insécurité hydrique. La région est l'une des plus arides au monde et ses ressources en eau sont limitées. La combinaison d'une diminution de l'offre, due aux effets du changement climatique, et d'une augmentation de la demande a plusieurs conséquences importantes sur la sécurité : les ressources en eau se raréfient et les moyens de subsistance agricoles sont de plus en plus soumis à des pressions qui peuvent contribuer à l'émergence de griefs et à l'instabilité politique.
- Défis en matière de sécurité alimentaire : L'évolution des conditions climatiques et la raréfaction de l'eau mettent en péril l'agriculture nationale et renforcent la dépendance de la région à l'égard des importations. Des chocs sur les prix des denrées alimentaires se sont produits malgré des régimes de subventions alimentaires élevés dans toute la région. Dans les années à venir, le changement climatique entraînera probablement de nouveaux chocs sur les marchés et le coût des importations alimentaires par rapport au PIB devrait encore augmenter.
- Dépendance à l'égard des combustibles fossiles et transition verte : L'Afrique du Nord reste largement investie dans l'extraction et l'utilisation des combustibles fossiles. Malgré les réformes politiques, la région continue de subventionner les combustibles fossiles pour les consommateurs, ce qui renforce le verrouillage de l'économie fossile tant que les prix des combustibles fossiles restent élevés. Les pays les plus exposés au risque de transition sont les moins incités à diversifier leurs économies et sont donc les moins préparés à faire face à ses effets.
- Mobilité humaine, migration et déplacement : Les migrations internes et régionales sont appelées à augmenter en raison du changement climatique, les défis environnementaux entraînant des déplacements et leurs effets consécutifs, tels que la perte des moyens de subsistance et les conflits. Si la migration est une mesure d'adaptation importante, elle peut aussi devenir un facteur de tensions et de conflits.
- Gestion des réserves d'eau fossile : Les aquifères fossiles étant largement transnationaux, ils doivent être surveillés au niveau régional. Les données régionales sur les aquifères fossiles peuvent servir de base pour éviter l'épuisement et la contamination non durables.
- Réseaux sur la sécurité climatique : Les organisations régionales qui englobent partiellement ou totalement la région de l'Afrique du Nord ont lancé un débat sur les questions de sécurité climatique.
- Projets d'infrastructure et de restauration : Les États d'Afrique du Nord ont fait preuve d'un leadership réussi avec des projets ambitieux de restauration et de protection de l'environnement naturel et anthropique contre le changement climatique.
- Réforme des subventions : Les États d'Afrique du Nord ont commencé à s'attaquer à la réforme de la politique de subvention. Si elle est menée correctement, cette réforme peut réduire certains risques liés à la sécurité climatique et accroître la résilience des populations d'Afrique du Nord.
- Transition verte : Plusieurs États d'Afrique du Nord ont réussi à attirer des investissements internationaux pour accroître leur capacité en matière d'énergies renouvelables ; et
- Adopter la durabilité : Les États d'Afrique du Nord ont commencé à adopter de nombreux projets à différentes échelles visant à améliorer la durabilité, ce qui permettra également de faire face aux risques liés à la sécurité climatique.
- Insécurité alimentaire et des moyens de subsistance : Les effets du changement climatique sur les systèmes alimentaires sont susceptibles d'avoir des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire. L'Afrique de l'Ouest fournissant environ un tiers des besoins alimentaires du continent, les perturbations du système alimentaire de la région peuvent avoir d'importantes répercussions sur la sécurité alimentaire au-delà de ses frontières.
- Compétition et conflits liés aux ressources naturelles : La modification de la disponibilité des ressources naturelles dans l'ensemble de la région en raison des effets du climat, avec la diminution des réserves d'eau et de fourrage due aux sécheresses et aux inondations, et l'accélération de la dégradation des sols, aggrave les conflits tels que les incidents agro-pastoraux, les différends sur la diminution des stocks de poissons et les tensions sur le partage et l'occupation des terres et des forêts. Les groupes armés peuvent tirer parti de ce contexte en réglant les différends et en recrutant des communautés mécontentes, en particulier des jeunes.
- Modification des schémas migratoires : Le changement climatique contribue à des changements soudains dans les déplacements, la transhumance et l'immobilité forcée, ce qui a un impact sur la sécurité des populations, qu'elles se déplacent, qu'elles accueillent ou qu'elles soient involontairement immobiles. La perte des mécanismes de médiation traditionnels accroît les risques de voir les différends dégénérer en conflits violents.
- Les villes d'Afrique de l'Ouest, points névralgiques de la dynamique de la sécurité climatique : Près de la moitié des Africains de l'Ouest vivent dans des villes et la population urbaine continue de croître rapidement. L'exode rural est une stratégie d'adaptation qui s'intensifiera probablement à mesure que les effets du changement climatique s'accentueront, aggravant la pauvreté suburbaine et conduisant à l'insécurité.
- Coopération transfrontalière en matière de gestion des ressources : La coopération transfrontalière en matière de gestion des ressources est l'un des principaux axes de la politique régionale en matière de sécurité climatique. Outre la gestion transfrontalière de l'eau, il existe une collaboration dans de nombreux autres domaines pour renforcer la résistance au climat, comme l'initiative de la Grande Muraille verte.
- Planification des risques et systèmes d'alerte précoce : Les initiatives régionales pertinentes comprennent le réseau d'alerte précoce et de réponse de la CEDEAO (ECOWARN), le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et son centre régional d'Aghrymet, ainsi que le système régional d'alerte précoce de WANEP, qui est axé sur les conflits et intègre des aspects du lien entre le climat et la sécurité.
- Adaptation climatique sensible aux conflits et consolidation de la paix éclairée par le climat : L'action climatique existante dans la région se concentre sur l'adaptation pour soutenir les moyens de subsistance, lutter contre l'opposition armée, assurer un accès durable aux ressources naturelles, développer et mettre en œuvre des plans d'adaptation climatique sensibles aux conflits et lier l'agenda des femmes, de la paix et de la sécurité aux questions climatiques et environnementales. Inversement, plusieurs efforts de consolidation de la paix en Afrique de l'Ouest sont clairement axés sur l'environnement ou le climat.
- Interventions intégrées : Divers efforts en Afrique de l'Ouest considèrent la sécurité climatique comme un moyen d'aborder une multitude de questions dans la région, de manière holistique à travers la gouvernance des ressources naturelles, la résilience et l'adaptation, l'utilisation durable des ressources, la réduction des risques de catastrophe et la préparation. La région a ainsi vu la création d'un groupe de travail CEDEAO-UNOWAS sur le changement climatique et la sécurité, et la mise en place d'un groupe de travail régional des Nations unies sur le changement climatique, la sécurité, l'environnement et le développement (UN-CCESD).
- L'insécurité alimentaire et des moyens de subsistance intensifie la concurrence pour les ressources naturelles, ce qui contribue aux conflits violents et à l'insécurité : En Afrique centrale, le secteur agricole et le pastoralisme sont les principales sources de revenus. Les pertes de moyens de subsistance peuvent rapidement entraîner une insécurité alimentaire, dont on sait qu'elle est à la fois une conséquence et une cause de conflit. Si les tensions au sein des groupes et entre eux, en raison des effets du changement climatique sur la disponibilité des ressources naturelles et l'accès à celles-ci, se manifestent généralement de manière très localisée, elles peuvent rapidement s'aggraver. L'exploitation minière est également un moyen de subsistance régional lié au climat et qui peut impliquer des réseaux illicites, y compris des groupes armés pour lesquels l'exploitation minière et/ou la taxation des activités minières constituent une source de financement importante.
- Les effets du climat exacerbent la prolifération des groupes armés et criminels : Le changement climatique a aggravé les principaux facteurs de conflit et renforcé la capacité des groupes armés à recruter, retenir et recruter à nouveau des personnes, en particulier des jeunes. Les éleveurs peuvent soit se protéger, soit chercher la protection des groupes armés, et ces derniers tirent des profits économiques du commerce du bétail. La diffusion des armes à feu parmi les éleveurs transhumants et leur implication présumée dans le trafic d'armes renforcent l'hostilité intercommunautaire. La dégradation de l'environnement est l'un des principaux moteurs de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, ainsi que de la surpêche et de la criminalité maritime telle que le trafic d'armes et de stupéfiants, la traite des êtres humains, la piraterie et les vols à main armée en mer.
- Les effets du climat exacerbent les problèmes liés à la mobilité des personnes et contribuent à accroître les risques de conflit et de sécurité : Lorsque les pressions climatiques et environnementales augmentent, les réfugiés, les personnes déplacées à l'intérieur du pays et les communautés d'accueil en subissent les conséquences, en particulier lorsque les ressources naturelles sont rares. La concurrence peut alors dégénérer en conflits autour de l'accès aux moyens de subsistance, aux ressources naturelles, à l'aide et aux ressources de développement. Avec l'augmentation des pressions climatiques, les terres fertiles sont devenues extrêmement rares, entraînant des conflits entre les agriculteurs locaux, les agro-pasteurs sédentaires et les pasteurs transhumants.
- Les conflits intensifient la dégradation de l'environnement : Les conflits entraînent une dégradation de l'environnement de différentes manières : pollution de l'air, de l'eau et du sol, destruction délibérée de l'environnement et utilisation des ressources comme armes de guerre. Ces dynamiques menacent des écosystèmes tels que le bassin du lac Tchad et le bassin du Congo, qui sont tous deux d'une importance cruciale pour les moyens de subsistance. Ce dernier est l'un des derniers puits de carbone nets au monde, mais l'impact du changement climatique, combiné aux pressions environnementales directes exercées par l'homme, compromet sa capacité à absorber le CO2. Un autre défi croissant en matière de sécurité climatique est celui des conflits entre l'homme et la faune dans les écosystèmes de savane et de forêt, en raison du changement climatique et des facteurs de stress environnementaux d'origine humaine.
- Accords transfrontaliers : Les organisations régionales telles que la Commission des forêts de la CEEAC et de l'Afrique centrale (COMIFAC) ou le Réseau des aires protégées d'Afrique centrale (RAPAC) facilitent les développements prometteurs.
- Renforcer la cohésion sociale entre les éleveurs et les agriculteurs, et entre les communautés pastorales : Les comités locaux et traditionnels bénéficient d'un soutien pour prévenir les conflits et promouvoir la paix en jouant un rôle de médiateur dans la gestion des ressources naturelles, en facilitant les mécanismes de justice locale pour traiter les griefs et gérer les conflits, et en encourageant le dialogue intercommunal, dans le but d'améliorer les perceptions et de changer les attitudes et les comportements entre les agriculteurs et les éleveurs.
- Financement mixte pour soutenir les interventions conjointes de consolidation de la paix et de conservation qui ciblent les facteurs de conflit et d'instabilité : Soutien au déploiement d'une nouvelle force de gardes forestiers et d'écogardes et d'une stratégie REDD+ visant à réduire les facteurs de déforestation, à accéder au marché du carbone, à fournir des modèles de subsistance alternatifs qui apportent des co-bénéfices aux communautés, et à favoriser une conservation et une paix durables.
- Les efforts de conservation peuvent intégrer des objectifs d'adaptation au climat et de consolidation de la paix au niveau local : Diverses initiatives favorisent les possibilités de revenus alternatifs (agroforesterie et apiculture) pour les communautés locales et autochtones, soutiennent le bien-être et les moyens de subsistance des communautés, mettent en œuvre des principes de gestion inclusive, offrent des possibilités d'emploi, réglementent les zones à usages multiples dans les zones protégées et donnent aux communautés locales les moyens de s'engager dans le consentement préalable, libre et éclairé (CPLE) des efforts de conservation.
- La concurrence sur les ressources naturelles : La concurrence pour les ressources naturelles, en particulier pour l'eau, la terre et les forêts, peut résulter à la fois de la rareté et de l'abondance des ressources, et est motivée par divers facteurs, ainsi que par les effets liés au climat. Le pastoralisme est un facteur majeur à l'origine de nombreux conflits communautaires liés aux ressources. La forme la plus répandue de ces conflits n'est pas celle des conflits entre agriculteurs et éleveurs, mais celle du vol de bétail, qui est devenu violent en raison de la prolifération des armes légères et peut être lié à des réseaux criminels organisés transnationaux, en particulier dans les zones frontalières.
- Moyens de subsistance et insécurité alimentaire : L'agriculture, le pastoralisme et la pêche jouent un rôle central dans les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire. Ils dépendent de ressources sensibles au climat telles que l'eau. Par exemple, des précipitations excessives ont entraîné une augmentation de l'incidence des maladies du bétail. Pour les pêcheries lacustres, la réduction des précipitations peut avoir des conséquences négatives sur l'habitat des espèces d'eau douce. Il y a également des implications en termes de genre, les femmes étant plus dépendantes de l'agriculture et de l'élevage à petite échelle. Inversement, les dommages causés aux infrastructures et les perturbations des moyens de subsistance par les conflits prolongés entravent également l'accès des groupes vulnérables aux services essentiels et aux marchés, ce qui affaiblit les moyens de subsistance dépendant de l'agriculture et de l'élevage.
- Pêche maritime et sécurité : Les communautés côtières et insulaires sont vulnérables aux effets du changement climatique : des événements lents et rapides tels que l'élévation du niveau de la mer et les ondes de tempête de sable cyclonique peuvent causer des pertes humaines et des dommages considérables aux infrastructures, affectant ainsi les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire, et entraînant des pertes économiques importantes ; les inondations côtières et l'érosion menacent la riche diversité des herbes marines de la région, affaiblissant la protection naturelle des zones côtières et entraînant des risques d'inondation plus élevés ; le réchauffement des températures de surface de la mer et l'acidification des océans affectent la santé des récifs coralliens, remettant en cause les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des communautés côtières et insulaires.
- Modification des schémas de mobilité : Le changement climatique peut rendre la disponibilité de l'eau et des pâturages moins fiable et moins prévisible, ce qui pousse les éleveurs à modifier leurs itinéraires de pâturage, ce qui pourrait amplifier les conflits avec d'autres éleveurs et agriculteurs. La migration des communautés de l'intérieur vers les zones côtières, induite par le climat, pourrait accroître la concurrence pour des stocks de poissons limités. Les sécheresses peuvent également pousser les populations vers des zones où les conditions sont plus favorables à l'agriculture, entraînant une concurrence pour les terres cultivables entre les populations migrantes et les populations résidentes. Les effets du changement climatique alimenteront probablement la tendance à l'exode rural, ce qui pourrait accroître l'insécurité dans les zones urbaines. Inversement, la sécurisation des frontières entrave la mobilité et menace ainsi les moyens de subsistance des communautés frontalières qui dépendent du pastoralisme et du commerce transfrontalier. Ces tendances exposent de manière disproportionnée les jeunes aux risques qui peuvent survenir en cours de route ou à destination, tout en laissant un nombre disproportionné de personnes à charge faire face aux risques liés aux moyens de subsistance à la maison.
- Exploitation par les groupes armés : Les conditions climatiques et environnementales qui prévalent peuvent entraver ou faciliter les opérations des groupes armés, ainsi que l'existence et la lucrativité des activités économiques qui leur apportent un soutien financier. Si le recrutement dans les groupes armés est un phénomène complexe qui dépend d'une série de facteurs tels que l'identité, la religion et la marginalisation sociale et politique, il se produit également dans le contexte des effets du changement climatique qui aggravent les conditions de vie et réduisent les revenus. C'est notamment le cas des jeunes éleveurs et des camps de réfugiés, en particulier ceux situés dans les zones frontalières.
- Une forte coopération internationale sur les questions liées au changement climatique et à la sécurité : La mission d'assistance des Nations unies en Somalie (UNSOM) se distingue comme l'une des premières missions politiques au monde sensibles au climat et a inclus en 2020 un conseiller en matière d'environnement et de sécurité climatique. La mission des Nations unies au Sud-Soudan (UNMISS) et le bureau de l'envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique disposent également de conseillers en matière de climat et de sécurité. Le Fonds de consolidation de la paix des Nations unies (PBF) a plusieurs projets sur le lien entre le climat et les conflits. Enfin, l'initiative R4 Rural Resilience du Programme alimentaire mondial utilise des stratégies de gestion des risques pour promouvoir des pratiques agricoles durables et la résilience des agriculteurs les plus pauvres.
- Une coopération régionale proactive pour aborder les liens entre le changement climatique, la paix et la sécurité : Plusieurs institutions, stratégies et mécanismes, tels que les trois institutions spécialisées de l'IGAD, son mécanisme de coordination de la sécurité climatique et sa stratégie et son plan d'action régionaux sur le changement climatique pour 2023-2030, témoignent clairement d'une volonté d'évaluer les risques liés au climat, à la paix et à la sécurité. La "Déclaration ministérielle de Kampala sur les migrations, l'environnement et le changement climatique" appelle les pays à collaborer pour faire face aux risques liés aux migrations induites par le climat. La CAE dispose de deux institutions semi-autonomes qui ont fait des progrès dans la promotion de la coopération en matière de gestion des ressources. L'initiative de la Corne de l'Afrique se concentre en partie sur le renforcement de la résilience aux impacts du changement climatique dans les zones frontalières de la région. Le CGIAR dispose de projets et d'outils axés sur les liens entre le climat et la sécurité, notamment l'Observatoire de la sécurité climatique et un outil d'évaluation de la sensibilité à la sécurité climatique (CSST).
- Inclusion des femmes : Des efforts ont été faits dans la région pour inclure les femmes dans la consolidation de la paix et la prise de décision, en reconnaissant les problèmes de sécurité auxquels elles sont confrontées, notamment ceux liés au changement climatique, à la violence sexiste et à l'accès à la justice.
- Moyens de subsistance sensibles au climat : Les stratégies de renforcement de la résilience climatique sont fortement intégrées dans les politiques relatives à l'économie bleue pour les petits États insulaires dont les ressources marines et côtières constituent l'épine dorsale de leurs moyens de subsistance.
- Sensibilité au climat et aux conflits : Des efforts ont été faits pour intégrer des aspects de la résilience des moyens de subsistance et de l'engagement de la base dans les réponses aux questions de conflit et de sécurité, notamment par le biais d'un certain nombre de politiques sur le climat, l'environnement et la sécurité alimentaire qui comprennent les risques de sécurité liés au climat et les conditions dans lesquelles ces risques émergent.
- La santé humaine : Les politiques climatiques nationales en Afrique de l'Est reconnaissent de plus en plus l'importance des considérations relatives à la santé humaine dans la lutte contre les effets liés au climat.
- Les contributions importantes des organisations de la société civile : Les réseaux formels et informels d'OSC soutiennent les systèmes d'alerte précoce et de réaction rapide. Dans certains cas, les OSC font partie intégrante des stratégies d'alerte précoce et de réaction aux conflits. Elles jouent également un rôle important dans la gestion des ressources naturelles en Afrique de l'Est.
- L'influence déterminante des autorités traditionnelles et des normes culturelles locales sur la manière dont les conflits potentiels sont atténués ou traités : Les mécanismes locaux de résolution des conflits ont réduit le risque de violence entre les groupes, car les normes culturelles locales influencent la manière dont les conflits potentiels sont atténués ou traités. Ils ont été intégrés avec des résultats tangibles dans plusieurs initiatives de consolidation de la paix dans la région. En outre, les coutumes indigènes contribuent à la conservation des ressources naturelles telles que les forêts.
- Le secteur privé a été un atout majeur en termes d'adaptation au climat : Le secteur privé fournit des services d'adaptation au climat, tels que des services de vulgarisation agricole et des assurances pour le bétail, qui touchent, dans certains cas, plus d'agriculteurs que les fournisseurs officiels.
- L'augmentation de la fréquence des catastrophes d'origine météorologique aggrave les causes profondes de l'instabilité : Les phénomènes météorologiques extrêmes, dont la fréquence augmente en raison du changement climatique, ainsi que d'autres facteurs tels que les prix internationaux élevés des carburants et l'instabilité macroéconomique, affectent la sécurité alimentaire dans la région et peuvent être à l'origine d'instabilité et de troubles sociaux, en particulier dans les communautés fortement tributaires des moyens de subsistance agricoles. En outre, les catastrophes mettent à rude épreuve les services de l'État, entravent le développement et aggravent les conditions sanitaires.
- Les risques climatiques et les conflits ont un impact sur la mobilité humaine : La mobilité, en particulier des zones rurales vers les zones urbaines, sert de plus en plus de stratégie d'adaptation au climat. Les événements climatiques extrêmes et la violence déplacent les populations de manière temporaire ou permanente, ce qui accroît la concurrence pour les moyens de subsistance et les ressources naturelles. En outre, lorsque les gens quittent les zones rurales, il y a une diminution de la main-d'œuvre et des connaissances agricoles, ce qui a des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire.
- Conflits d'accès et d'utilisation des terres et de l'eau : Les effets du climat exercent une pression sur les terres, ce qui entraîne des empiètements, des déplacements et des pratiques non durables. En outre, les conflits liés à l'eau augmentent, notamment entre les agriculteurs en amont et en aval, en partie à cause de la fréquence et de la gravité accrues des sécheresses. On assiste également à une recrudescence des conflits entre l'homme et la faune sauvage, les animaux ayant été contraints de migrer plus près des établissements humains en raison du manque de pâturages et de sources d'eau.
- une mauvaise gouvernance des ressources naturelles de grande valeur : Si la transition verte offre de nombreuses opportunités, elle comporte également des risques. D'une part, une demande plus importante de minerais essentiels peut accroître les conflits autour de l'exploitation minière et, d'autre part, la transition peut entraîner une perte de revenus pour les pays qui dépendent des industries extractives et, en particulier, de ceux qui dépendent des combustibles fossiles, ce qui se traduit par des pertes d'emplois, des tensions sociales et des actifs échoués.
- Renforcement des systèmes d'alerte précoce : Le Centre régional d'alerte précoce (REWC) de la SADC pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits se concentre principalement sur les données liées aux conflits, mais commence à intégrer des informations sur les facteurs liés au climat et à collaborer avec des unités axées sur la réduction des risques de catastrophe.
- Tirer parti de la résilience et des politiques régionales de RRC : Le cadre régional de résilience 2020-2030 de la SADC adopte une approche intégrée du développement durable, de la réduction des risques de catastrophe et de l'adaptation au changement climatique. Parmi les exemples prometteurs de systèmes d'alerte précoce figurent le Forum régional sur les perspectives climatiques en Afrique australe (SARCOF), le programme régional d'évaluation et d'analyse de la vulnérabilité (RVAA) de la SADC et le système d'information et de gestion des risques de catastrophes de la SADC (DRM IMS).
- Une gestion régionale de l'eau bien développée : Le plan d'action stratégique régional pour le développement et la gestion intégrés des ressources en eau (RSAP-IWRM) a mis en évidence la prise de conscience des dangers potentiels des problèmes liés à l'eau et a donc été lancé. Plusieurs institutions bilatérales et multilatérales, y compris des organisations de bassin fluvial, ont également été créées pour favoriser la coopération entre les cours d'eau partagés.
- Transition vers les énergies renouvelables : Il existe des exemples positifs de mobilisation du financement international pour soutenir les efforts de décarbonisation tout en créant des opportunités pour les travailleurs et les communautés et en fournissant un schéma directeur pour une transition énergétique juste.
- Lutte contre les déplacements internes causés par les risques climatiques et les conflits : Des efforts ont été déployés pour identifier et mettre en œuvre des politiques et des stratégies visant à réduire l'impact des catastrophes et des conflits sur la population et le nombre de personnes déplacées en améliorant le soutien et la coordination de l'aide. Des expériences concrètes ont montré que la stratégie d'alerte précoce et la relocalisation des communautés ont permis d'éviter un nombre important de morts.
- Gestion intégrée de l'eau et solutions fondées sur la nature : Des efforts ont été déployés dans la région pour restaurer les bassins versants dégradés grâce à des mesures de réhabilitation d'urgence, des solutions fondées sur la nature et la mise en œuvre de plans de gestion des bassins versants, ce qui permet de lutter contre les modes d'utilisation des sols non durables et les conflits liés à l'eau, de promouvoir la résilience climatique et d'offrir des moyens de subsistance aux communautés locales.
- Évaluations locales de la sécurité climatique : Il y a eu des cas dans la région où les parties prenantes locales ont co-conçu une approche et cartographié les parties prenantes, les dangers, les risques liés à la sécurité climatique et les solutions pour les évaluations locales de la sécurité climatique. Cette approche inclusive facilite la collecte d'informations pertinentes provenant de diverses sources.
- Gestion communautaire des ressources naturelles : Certaines approches ont été expérimentées dans la région afin de combiner les méthodes traditionnelles et scientifiques et de réintroduire les systèmes traditionnels de gouvernance et de gestion des ressources pastorales, et ont reçu le soutien des chefs traditionnels.
Initiatives existantes
Unis dans l'action.
2018
L'Afrique est à la pointe des innovations institutionnelles et de la coopération intersectorielle pour faire face aux risques sécuritaires liés au climat grâce à ses initiatives :
- Groupe sur la sécurité climatique
D'importants efforts de collaboration sont en cours entre les organisations régionales africaines et l'UA, les commissions africaines sur le climat, le système des Nations unies, les agences gouvernementales et la société civile.
- UNCSM - (DPPA, PNUD, PNUE, DPO) le CSM cherche à aider le système des Nations unies à aborder plus systématiquement les risques de sécurité liés au climat.
2022
- COP 27 - Initiative CRSP
2023
- COP 28 - Déclaration sur le climat, la paix, l'aide et le redressement
- Déclaration de Bamako sur la sécurité climatique
Feuille de route de la position africaine commune
L'empreinte du succès
Les liens indéniables entre le climat, la paix et la sécurité et ses implications sur la stabilité, principalement telle qu'elle se manifeste en Afrique, ont continué d'être un engagement thématique au sein de l'AUPSC. Depuis 2018, le CPS a mené des délibérations portant sur les implications sécuritaires du lien entre le changement climatique et les conflits en Afrique, notamment lors de sa 774e réunion de mai 2018. À la suite de ses réunions, le Conseil a souligné l'importance pour la Commission de l'UA d'intégrer le changement climatique dans toutes ses activités, en particulier dans l'alerte précoce et la prévention des conflits violents.
- En 2021, le CPS a consacré trois sessions à ce thème . En mars 2021, sous la présidence du Kenya, au niveau des chefs d'État et de gouvernement, une session a été organisée sur le thème " Paix durable en Afrique : Le changement climatique et ses effets sur la paix et la sécurité sur le continent".
- Deux sessions supplémentaires, en octobre et novembre, ont également été consacrées à la gestion des catastrophes en Afrique : Défis et perspectives pour la sécurité humaine" et "Changement climatique, paix et sécurité : La nécessité d'un lien éclairé entre le climat, la sécurité et le développement pour l'Afrique".
- Au cours de ces sessions, le CPS a souligné les multiples voies par lesquelles les changements liés au climat interagissent avec les contraintes politiques, sociales et environnementales pour aggraver les vulnérabilités et les tensions existantes.
- Le Conseil a noté que la réponse aux besoins des communautés - en particulier l'adaptation à l'évolution des conditions climatiques tout en préservant leurs moyens de subsistance, leurs besoins fondamentaux et leur sécurité - est une réponse hautement prioritaire en matière de climat qui est sous-financée tant dans le domaine du climat que dans celui de la paix et de la sécurité.
- Il a donc appelé la Commission à élaborer une position africaine commune (PAC) sur le lien entre le climat, la paix et la sécurité afin de créer une compréhension commune du lien de causalité entre le climat et les conflits, en particulier sur le financement du climat et l'opérationnalisation de l'objectif mondial d'adaptation, alors que l'Afrique s'apprête à accueillir la COP27 en Égypte et à explorer les outils disponibles pour soutenir les États membres dans la prévention, l'atténuation et la réponse aux risques posés par le changement climatique.
- Le Conseil a également demandé à la Commission de l'UA d'accélérer la finalisation d'une étude d'évaluation des risques sécuritaires liés au climat, en consultation avec les États membres, et a souligné l'importance de renforcer les capacités de l'UA et de ses États membres, notamment par le biais d'activités de renforcement des capacités, de formation et de recherche.
- Le changement climatique compromet la sécurité humaine et exacerbe les facteurs qui affectent la sécurité nationale. C'est dans ce contexte que le PAPS, sur la base des mandats donnés par le CPS de l'UA et la Conférence des chefs d'État et de gouvernement, a pris des mesures pour élaborer une position africaine commune sur le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité , afin d'approfondir la connaissance et la compréhension des liens entre l'impact du changement climatique sur la paix et la sécurité.
- Des messages clés ont été élaborés et présentés au CPS de l'UA le 2 novembre 2022 et à la COP 27 le 8 novembre 2022 . Le département a également lancé un processus de révision des indicateurs d'alerte précoce et d'intégration des facteurs de changement climatique pour la collecte d'informations et l'analyse des données en vue de mesures préventives et de réponses efficaces.
- Le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité a dévoilé le rapport sur l'évaluation des risques liés à la sécurité climatique en Afrique (ACRA) lors de la COP 28 qui s'est tenue à Dubaï le 8 décembre 2023.
- L'événement parallèle a été organisé par le DPAPS en collaboration avec le département de l'UA pour l'agriculture, le développement rural, l'économie bleue et l'environnement durable (ARBE), le groupe de réflexion Adelphi et le Centre international du Caire pour la résolution des conflits et la consolidation de la paix (CCCPA).
- C'était la première fois que le CPS participait à un événement parallèle à une conférence des parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
- Le président et les membres du CPS de la Gambie, du Congo Brazzaville, de Djibouti et du Zimbabwe étaient présents, ainsi qu'un représentant de la présidence du Groupe africain de négociateurs (AGN), des représentants de certains États membres de l'UA, des CER, de l'ONU, des partenaires et des membres du CSOS.
- Le rapport du CCRA met en évidence le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité en Afrique, où les effets du changement climatique, à travers les inondations, la sécheresse, les tempêtes et d'autres facteurs de stress ou risques climatiques, compromettent la sécurité humaine et exacerbent les conflits.
- Il a conceptualisé les impacts du changement climatique à travers le prisme de la paix et de la sécurité, en mettant l'accent sur les liens et les voies émergentes qui augmentent les vulnérabilités.
- Ces éléments ont été reflétés dans un profil régional africain de sécurité climatique, démontrant clairement les déplacements forcés, la mobilité, les migrations, les terrains fertiles pour les activités des groupes armés et l'exacerbation des conflits dans les cinq régions du continent.
- Ces problèmes ont entraîné des risques pour l'alimentation, l'eau, l'énergie et la santé, avec des conséquences désastreuses sur les moyens de subsistance.
- Parmi les principales conclusions de l'étude figurent la réduction du bassin du lac Tchad, les risques liés à la sécurité de l'eau à l'échelle du continent et l'augmentation des conflits agro-pastoraux dans la zone bio-climatique sahélo-soudanienne.
- Il convient également de noter l'intensification des activités des groupes armés et terroristes dans les zones touchées par le changement climatique, ainsi que la submersion des côtes des États insulaires africains.
- L'incompréhension et le manque de connaissances approfondies sur le lien entre le climat, la paix et la sécurité, ainsi que la faiblesse de l'interface entre les mécanismes d'alerte précoce et d'action précoce en matière de climat et de sécurité, ont sapé les réponses apportées en matière de sécurité climatique.
- Cette situation est également aggravée par l'approche cloisonnée ou le manque de réponses intégrées au problème, en particulier dans les contextes de reconstruction et de développement post-conflit ou de consolidation de la paix, ainsi que par le dilemme du financement du climat.
- L'exclusion des institutions autochtones de sécurité climatique des efforts d'adaptation, de résilience et d'atténuation n'a pas contribué à l'action climatique, tout en recherchant des solutions africaines au problème.
- La récente déclaration sur l'aide d'urgence, le relèvement et la paix, adoptée lors de la COP 28 par des acteurs étatiques et non étatiques, reste instructive en ce qu'elle met en évidence l'attention urgente portée à la dynamique du climat, de la paix et de la sécurité, qui nécessite des réponses intégrées et catalytiques dans les communautés touchées, en mettant l'accent sur les groupes vulnérables.
- Le rapport de l'ACRA a servi de base à la rédaction du rapport du président de la CUA sur l'étude des liens entre le changement climatique, la paix et la sécurité. Ces rapports, ainsi que les 15 messages clés de la position africaine commune (PAC) sur le changement climatique, la paix et la sécurité, serviront de base à l'élaboration de la PAC sur les liens entre le changement climatique et la paix et la sécurité. Le DPAPS, en collaboration avec l'ARBE et ses partenaires, élaborera la PAC pour examen et adoption éventuelle lors du sommet de l'UA de juin/juillet 2024, et pour présentation à la COP 29.
- Le PAC vise à fournir une position unifiée sur la sécurité climatique pour les négociations de l'AGN, soutenue par la déclaration sur le secours, le redressement et la paix récemment adoptée lors de la COP 28. Cela permettra également d'orienter le développement d'une stratégie sur le climat, la paix et la sécurité afin d'intégrer le changement climatique et l'adaptation pour promouvoir la paix en Afrique.
- Parmi les programmes de coopération régionale sur le lien entre le changement climatique, la paix et la sécurité, la "Conférence ministérielle internationale sur la transhumance sur le lien entre la transhumance, les zones protégées et les ressources naturelles, le développement, la paix et la sécurité" réunit les ministres de la défense, les ministres des forêts et des zones protégées et les ministres de l'environnement et de l'élevage d'une dizaine de pays, ainsi que des représentants de certaines institutions sous-régionales et régionales.
- Le communiqué final de la deuxième édition de la "Conférence ministérielle internationale sur la transhumance sur le lien entre la transhumance, les aires protégées et les ressources naturelles, le développement, la paix et la sécurité", qui s'est tenue à Yaoundé, au Cameroun, du 10 au 12 juillet 2023, sous le patronage de S.E. Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, devrait permettre d'approfondir la compréhension de la manière dont le changement climatique influence les défis de la transhumance et menace la paix et la sécurité, ainsi que la coopération transfrontalière dans différentes parties de l'Afrique, en particulier dans les régions lacustres. Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, permettrait d'approfondir la compréhension de la façon dont le changement climatique influence les défis de la transhumance et menace la paix et la sécurité ainsi que la coopération transfrontalière dans différentes parties de l'Afrique, en particulier dans les pays du bassin du lac Tchad, la RDC, la RCA, le Soudan, le Soudan du Sud, etc.
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